Le Prix Dominique Batraville 2015 accueilli à Jacmel

Le Prix Dominique Batraville 2015 accueilli à Jacmel

Le prix Dominique Batraville de la poésie créole a été remis le samedi 12 décembre au poète et opérateur culturel Clément Benoit II pour son recueil de poèmes intitulé « Koulè Lapli ». En plus de la médaille, un chèque de mille dollars américains a été remis au gagnant. La cérémonie s’est déroulée en présence du président du Jury, Gary Victor et de l’écrivain Dominique Battraville.

« Je suis heureux que les éditions Pulùcia me récompensent pour mon recueil « Koulè lapli » et pour le travail que j’effectue dans la promotion du livre et de la lecture en Haïti », souligne le lauréat qui n’oublie pas de renouveler son engagement à motiver les jeunes du pays à la lecture.

Sous un ciel qui crache par intermittence, des jeunes de Mirebalais, Limbé et Plaisance se joignent à ceux de Jacmel pour tenir, sous la férule des éditions Pulùcia et du maire de la ville de Jacmel, une belle fête en l’honneur de Clément Benoit, lauréat du prix Dominique Batraville 2015. Le romancier, poète et journaliste, Dominique Battraville, dont le nom est attribué à ce prix, bien élégant dans sa tenue noir et gris est de la partie. Le phrasé  de Dominique Batraville, fin littéraire, est plaisant et agrémente l’ambiance qui prend tout le monde par surprise, à la station La Source. Le PDG des éditions Pulùcia et du magazine Bon Zouti, Ancion Pierre Paul, loin d’être loquace, permet aux jeunes de s’entretenir entre eux.

La fête est transportée à la rue du Commerce dans le décor placide de l’hôtel Florita. Cette architecture qui date du XIXe siècle garde encore des charmes qui ne manquent d’éprendre ceux qui la découvrent pour la première fois. Des prises de photos et des plaisanteries traduisent la convivialité de la soirée. La fête se poursuit. Cap sur le boulevard du bord de mer précisément à la direction départementale du ministère de la Culture où est offert en toute convivialité, un buffet. Des sourires sont partagés, au son des couverts et au bruissement des conversations bien nourries qu’on voudrait plus longues avant de se rendre au Vilaj Karayib pour la cérémonie de remise prix.

L’écrivain Gary Victor, dans sa posture de président de jury, garde son affabilité. Il ne manque de saluer les vertus de celui qui a fondé la bibliothèque George Castera du Limbé. Pour le président du jury, Clément Benoit a réussi à trouver dans son poème une façon de dire qui tient de la modernité. « Sa façon de peindre les sentiments et sa simplicité ne laissent pas indifférent », a-t-il conclu.

Smoye Noisy, le visage débordant de sérénité et toujours aussi captivant dans sa texture vocale, fait montre de sa grande amitié envers le lauréat du prix. « Clément Benoit est un homme extraordinaire », laisse-t-il entendre. Promoteur invétéré, fougueux jusqu’aux os, l’homme de Livres en Liberté, est ce soir enveloppé d’émotion et fait part à ses admirateurs de quelques fragments de son recueil. Dominique Batraville, intellectuel de belle eau, est de ceux qui ne laissent rien de coté. Il décèle. Il compare. Il a le bon flair.

Le public est attentif. Rodlin Christolin, jeune comédien originaire de Limbé, et diplômé de l’école nationale des arts, fascine l’assistance dans une mise en scène de « Tach Solèy » de Clément Benoit. La compagnie de danse « Haïti Dance Co » offre, à son tour, une entrainante prestation que l’assistance gratifie d’un tonnerre d’applaudissements.

La danse continue de fasciner. Et ce sont les danseurs de « Gran Solèy » qui dièsent le tempo dans un pot-pourri qu’on savoure avec admiration. Beau voyage. La musique de chez nous mêlée à une pincée d’africanité tient en éveil. Wildrine Chérubin, jeune passionnée des activités culturelles, ne cache pas sa joie.

« Les éditions Pulùcia continuent de travailler à la promotion de la culture dans le département du Sud'Est en encourageant la production littéraire », déclare Ancion Pierre-Paul, soulignant la tenue prochaine d’autres activités qui devront marquer l’année 2016 à Jacmel.

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